Ce séminaire, organisé par Dhagpo Bordeaux en collaboration avec l’université de Bordeaux a eu lieu le 18 novembre 2017.

Retrouvez ci-dessous en vidéo l’ensemble des interventions de l’université d’automne de Dhagpo Bordeaux sur le thème de l’attention, ainsi qu’un résumé en texte donnant un aperçu de ce qui a été dit.

Bonne écoute, bonne lecture…

Ouverture du séminaire – Lama Puntso

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Lama Puntso

Enseignant bouddhiste, responsable du centre Dhagpo Bordeaux et de « l’Atelier des Savoirs » groupe de travail et de réflexion sur les apports du bouddhisme aux problématiques du monde actuel.

L’attention vaut bien que l’on lui prête attention pendant une journée.
Le sujet s’impose, il est transversal, et il convoque donc l’interdisciplinarité.

1. Le sujet s’impose : Pourquoi ? car notre attention est malmenée. Elle est pourtant au cœur de nos choix, de nos relations, de nos engagements. Le sujet de l’attention s’impose à nous parce qu’elle est une ressource précieuse. Nos questionnements sont les suivants : Comment fonctionne l’attention ? À quoi accorder de l’attention ? Comment ne pas gaspiller notre attention ? Faut-il du coup gérer notre attention ? D’ailleurs, comment la préserver ? Comment la cultiver ?
Par ailleurs, mais j’y reviendrai, nous avons fait le choix d’aborder l’attention mise au service de la sollicitude à l’autre (l’attention à l’autre !). Nous avons nommé cette dimension « nourrir une altérité féconde » avec un postulat : l’attention à l’autre est bénéfique à l’autre autant qu’à moi-même.

2. Il est transversal : Dès que l’on parle de l’attention, on convoque des thématiques telles que la perception, la décision, la mémoire et l’apprentissage, le contrôle moteur ou encore l’expertise et le vieillissement. Sans parler des troubles et du déficit d’attention que nous n’aborderons pas directement. Par contre, nous parlerons de la captation de l’attention des potentiels consommateurs que nous sommes, ou de l’attention détournée par les nombreux écrans qui nous entourent. Mais aussi, comment le numérique peut être un soutien à l’attention.

3. Il requiert l’interdisciplinarité : En termes de disciplines, rares aussi sont celles qui peuvent faire l’impasse sur l’attention : neurosciences, sociologie, philosophie, psychologie, pédagogie et économie pour ne citer qu’elles.
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Il n’est pas une spiritualité (ou religion, comme vous voulez) qui ne se pose la question de l’attention même si elles le font dans des perspectives très différentes. On retrouve l’attention dans le sport, le management et le coaching, les jeux ou l’armée. A titre personnel et d’expérience, je rajouterai que l’art de cuisiner demande également beaucoup d’attention. Voilà pourquoi l’attention vaut bien qu’on lui consacre une journée de réflexion, de témoignages, d’échanges. Bref, de clarifier notre connaissance de l’attention.

Cette journée est pour nous une forme de défi. Ne pas rester dans une objectivité scientifique distante de son objet. Même si à certains égards c’est nécessaire. Ne pas succomber à une approche subjective soumise aux seuls feeling et ressentis.

Nous voilà dans un « ni ni » cher au bouddhisme (ni distance soi-disant objective, ni fusion aveuglée) : ne pas succomber aux chemins préétablis afin de trouver la voie du milieu. C’est ce que nous appelons la richesse intérieure, un processus qui se retrouve souvent au carrefour du connu et de l’insu, du mental et de l’intuitif, il s’agit d’explorer l’attention à la croisée de la connaissance, de la réflexion et de l’expérience directe.

Le regard des neurosciences – Alexandre Zénon

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Alexandre Zenon

Assistant de recherches à l’Institut de Neurosciences Cognitives et Intégratives d’Aquitaine (INCIA), section cerveau, cognition et comportement.

L’attention est un mécanisme qui nous permet de faire face à notre environnement malgré ses limitations. Soit l’attention est dirigée vers un stimulus, soit vers un but. L’attention la plus importante, d’après les études, est l’attention dirigée vers un but. 

 

L’attention sélective permet de filtrer l’information, de distinguer ce qui est important de ce qui ne l’est pas. Quand on est focalisé sur un point, on ne perçoit absolument pas les changements, même majeurs, qui peuvent intervenir dans une séquence vidéo par exemple.

 

Le cerveau n’est pas comme un appareil photo. Il construit un modèle. Il ne reçoit pas les informations de l’environnement telles qu’elles, il les interprète selon le modèle construit.  

 

Ce qui semble ressortir des études à propos de l’effet de la méditation sur l’attention : la méditation a tendance à augmenter l’intensité de l’attention exécutive. 

L’attention, une ressource convoitée – Michel Aguilar

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Quatre régimes de base de l’attention : le régime d’alerte qui produit une excitation permanente, le régime de fidélisation qui hallucine et fait rêver, le régime projectif qui sécurise, le régime de l’immersion qui fascine.

 

De nos jours, quelle autonomie, quelle liberté de choix lorsque tout est prédictif, quel statut d’émancipation ? 

 

Les temps d’écran sont extrêmement nocifs tant qu’au développement de la capacité attentionnelle. 

Michel Aguilar

Vice-président de l’Union Bouddhiste de France, en charge du comité éthique et société.
Président de la Commission Droits de l’Homme de la Conférence des OING du Conseil de l’Europe.

La dynamique de l’attention et de la surprise – Natalie Depraz

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Natalie Depraz
Professeure de philosophie contemporaine (phénoménologie et philosophie allemande) à l’Université de Rouen-Normandie (ERIAC) et membre universitaire des Archives-Husserl (ENS, Paris).
Publications récentes : Attention et vigilance. A la croisée de la phénoménologie et des sciences cognitives, PUF, 2014. La surprise dans le langage et dans les langues, Hermann, 2015

Dans mon expérience, la genèse de l’attention à la croisée de la phénoménologie et du bouddhisme est reliée à un ancrage dans le bouddhisme et à un ancrage dans la phénoménologie. L’articulation entre la phénoménologie et la compréhension du bouddhisme, qui a une vérité en lien avec l’expérience du sujet dans les deux approches où la relation à l’expérience est examinée en première main. 

Suspendre son jugement, voir comment je me focalise sur le sujet permet un retour sur la manière dont je me relie à ce que je perçois. Lâcher-prise, c’est la disponibilité qui cultive une ouverture à ce qui peut se présenter à moi.

A travers cette démarche, on a affaire à l’attention ou focalisation, à une redirection intentionnelle, et ensuite on est ouvert à l’inconnu, à la surprise.

Comment réformer la dimension de concentration en vigilance ? Cette dimension est pour moi reliée à la présence, une attention ouverte. On peut définir cette dimension d’ouverture ainsi : par exemple, sur base d’une focalisation sur la caméra face à moi, dans mon champ visuel, je vois plein de personnes qui sont co-perçues parce qu’elles font partie de ma perception. 

Il s’agit de prendre conscience du changement de compréhension en jeu quand on passe de la concentration à la vigilance, de la dimension affective et de réceptivité.

A propos d’attention et surprise, ma proposition est celle-ci : la surprise est une dynamique, un processus. La surprise contient en elle ses structures de déploiement, d’attention et d’émotion. Par exemple, je suis absorbée dans la lecture d’un roman passionnant et dans ce moment d’inaction, un bruit me parvient de la rue, je vais sursauter et cela va interrompre l’attention captée par la lecture. Cela génère une perturbation la plupart du temps, ou le retour à la lecture, d’où attention, surprise et résonance émotionnelle dans la régulation de la situation. 

Table ronde

Alexandre Zénon, Michel Aguilar, Natalie Depraz et lama Puntso
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Question du public : Qu’est-ce qui vous aide à préserver l’attention ?

Natalie Depraz : bien dormir

Alexandre Zénon : l’intention qui me permet de maintenir l’attention

Michel Aguilar : la compréhension, comprendre les différentes instances à l’œuvre 

Lama Puntso : un des éléments qui permet l’attention, c’est la détente

Qu’avez-vous à dire sur la détente à propos de l’attention ?
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Natalie Depraz : on est sans cesse en alternance entre les deux, ce n’est pas mécanique mais c’est le processus même du vivant où se succèdent sans cesse des périodes de détente et d’attention

Pouvez-vous nous donner des précisions à propos de la prédétermination ?

Natalie Depraz : la contingence correspond à la notion de non-prédétermination. La façon dont on ne va ne pas juger, dont on va rediriger l’attention, la façon dont je vais le faire est déterminé par des contingences. A notre tour d’expérimenter, et dans le pari bouddhiste, dans cette façon d’être ouvert et réceptif, les contingences seront moins prégnantes.

Alexandre Zénon : les croyances sont des a priori qui influencent le comportement et même la perception.

A quel point sommes-nous acteurs de notre attention ?

Michel Aguilar : cela introduit l’impact émotionnel, subir ou être libre pour atténuer l’impact culturel par la connaissance de l’histoire.

Natalie Depraz : en lien avec la dimension cognitive de l’attention, il serait intéressant d’avoir en tête la dimension ambivalente de l’émotion, parce qu’il y a aussi une dimension positive, la notion de motivation, qui est très productive pour développer les capacités attentionnelles.

L’attention et la bienveillance dans le management – Dominique Bouvet

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Dominique Bouvet

Secrétaire général de la Chambre Régionale des métiers et de l’artisanat de Nouvelle-Aquitaine, il axe son action  sur l’attention et la bienveillance dans le management.

Bienveillance et performance, cela peut paraitre contradictoire voire manipulateur, mais pour moi, être manager, c’est être responsable de la performance de l’entreprise et le bien-être des collaborateurs et collaboratrices. Je pense qu’être responsable, c’est être  responsable des êtres qui donnent du temps à l’entreprise. Pour remplir cet objectif, c’est un challenge quotidien pour ne pas oublier ces deux axes forts. 

La vie professionnelle est aussi un lieu d’épanouissement et d’expérience. Il ne s’agit pas de prise en charge des gens ni de les manipuler. La différence c’est la motivation, en fonction de cela, c’est une attitude positive, voire une contamination positive. 

Prendre le temps de dire bonjour me semble essentiel, je peux ainsi prendre conscience de l’état d’esprit, savoir si les collaborateurs vont bien ou pas, cela permet un échange attentif à l’autre. Repérer les besoins de l’autre, et prendre conscience de mes émotions dans ma vie tout court, donc dans ma vie professionnelle, permet d’être plus clair.

Être attentif aux besoins de l’autre, les reconnaitre et les respecter est essentiel.

La méditation est une démarche essentielle sur le coussin, et dans l’activité elle permet de prendre en compte l’émotion dans laquelle je suis et d’être plus disponible aux autres.

L’attention-concentration quand je suis dans la réflexion : quelle est ma mission, ma responsabilité, tout en considérant que chacun est responsable, quel que soit son statut dans l’entreprise.
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Dans une réunion, la parole n’est pas libre et l’animation est importante, il s’agit d’être attentif à ses propres émotions et à celles des autres.

Le moment de la prise de décision, c’est le moment du rassemblement, laisser se dire les objections, s’appuyer sur les contres, prendre le temps de vraiment écouter.

Soit on peut être générateur de plus de souffrance, soit, au contraire, être générateur de bienveillance. On peut prendre le temps de partager le socle commun de valeurs, l’esprit d’équipe, le challenge, etc, mais il est important de se le rappeler, parce qu’on peut être très vite repris par les émotions.

Tout cela est un apprentissage, l’important est de ne pas perdre le fil, on ne sait pas combien de temps on a encore à vivre, il ne s’agit pas de se mettre la pression, mais, progressivement, de s’entrainer par un ou deux exercices par jour.

L’approche bouddhiste m’anime depuis des années et me permet de la mettre au service de moi-même et de ma vie professionnelle.

Après de nombreuses années, et avoir vécu des moments personnels difficiles, je ne suis plus au service du travail professionnel, mais je me demande si je ne pourrais pas mettre la vie professionnelle au service du bouddhisme.

Numérique et attention – François Pellegrini

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François Pellegrini

Professeur des universités, vice-président en charge du numérique à l’université de Bordeaux, chercheur au LaBri et à l’Inria, membre de la commission  nationale de l’informatique et des libertés (CNIL)

La révolution numérique transforme profondément la société et spécialement les modes d’interaction entre les personnes. Les réseaux numériques augmentent la quantité brute d’informations à laquelle nous sommes soumis et augmentent la fréquence à laquelle notre attention est sollicitée.

Face à ce déferlement informationnel, l’humain devient le goulot d’étranglement de la circulation de l’information, la vitesse de traitement de l’humain pose problème et semble inférieure à la machine. 

Tout cela génère une transformation profonde de nos processus mentaux. L’abondance de l’information modifie profondément les chaines de production et de consommation des biens informationnels, tout ce qui est diffusé en ligne peut être consommé à coût marginal nul.

Le temps de cerveau disponible devient le bien rival pour lequel les acteurs commerciaux entre en compétition, d’où le terme « économie de l’attention ».

Modèles centrés sur la connaissance la plus fine possible des individus pour « mieux les servir », en particulier par de la publicité ciblée. La collecte des données à caractère personnel au moyen de produits d’appels gratuits ; mais attention « si le service est gratuit, c’est que vous êtes la marchandise ! »

La sur-sollicitation va à l’encontre des objectifs des entités tirant profit de l’attention des personnes, d’où la mise en œuvre de dispositifs de filtrage, par les personnes mêmes, et par les responsables de traitement eux-mêmes, sans l’assentiment des personnes et à l’encontre de leurs intérêts.
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Le numérique au service de l’attention : les technologies numériques peuvent également servir à assister l’humain dans des tâches requérant son attention. D’une part, par le contrôle de l’attention comme par exemple système anti-endormissement, et d’autre part l’assistance numérique à l’attention, par exemple la détection de comportements anormaux de personnes sur le quai d’une gare.

Cependant, attention au numérique, de nombreux dispositifs sont utilisés à but répressif. Ils peuvent également être mis en œuvre dans un but d’assistance, par exemple aide à l’accès aux droits, ou suivi à domicile de personnes dépendantes. Les technologies numériques ne constituent qu’un outil, pas une finalité.

L’attention portée à l’autre s’exprime dans la façon dont on le considère. La médiation induite par le numérique peut conduire à une déshumanisation des personnes. D’où la nécessité d’une compréhension par les personnes de la nature des traitements qui les concernent, et de préserver ses capacités d’écoute et d’attention par le choix de services dont le modèle économique n’est pas fondée sur l’économie de l’attention. Deux concepts opposés entre liberté et gratuité, il est parfois préférable de renoncer au gratuit et de s’assurer d’une messagerie éthique.

La vision bouddhique de l’attention – Sandy Hinzelin

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Sandy Hinzelin

Docteur en philosophie à l’École Pratiques des Hautes Études (EPHE) et à l’université de Clermont Ferrand. Elle a rédigé et soutenu en 2016 une thèse qui sera publiée en avril 2018 sous le titre « Tous les êtres sont des bouddhas », éditions Sully. Elle est aussi l’auteure de « La joie d’être », traduction de « Joy of Being » écrit par Tarthang Tulku, aux éditions Trédaniel (à paraître en mai 2018).

L’attention est un événement mental déterminant, c’est-à-dire que l’attention doit être là pour qu’une perception ait lieu. La mémoire, traduite parfois par l’attention, permet de comprendre comment le karma peut se transmettre d’un corps à l’autre.

L’attention à l’autre n’est possible que si on est d’abord attentif à soi. 

Pour qu’un acte bénéfique soit authentique, il faut d’abord travailler la bienveillance, et l’attention en est le fondement. 

La conscience dite ordinaire est dans la saisie dualiste, dans la saisie d’un soi. Le fait d’être absorbé par la saisie est à la base de l’origine de la souffrance. 

Le « soutra de l’établissement de l’attention » (Satipathana sutra) est toujours d’actualité. C’est une pratique très importante dans le passé et qui est toujours importante aujourd’hui. On considère que c’est le soutra qui décrit le chemin vers le non-soi. Les quatre objets sur lesquels ont place l’attention : le corps, les sensations, les événements mentaux et les phénomènes (dharmas). 

L’attention seule ne suffit pas, il y a plusieurs qualités à développer : une attention nue, on voit les choses sans bouger et le développement de l’équanimité. Tout ce que fait la conscience ordinaire est à détordre !

Même si on ne fait rien, ne pas réagir génère un espace. Plus d’espace, moins de réactions, des actions plus appropriées est important, mais est-ce que cela provoque de la bienveillance ? Il s’agit aussi d’être attentif aux expériences d’autrui. On est invité à développer les quatre illimités, l’amour, la compassion, la joie et l’équanimité.
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Le véhicule du mahayana et du vajrayana parlent de l’absence d’élaboration mentale, la vacuité. On parle d’attention sans objet. Mais qu’est-ce que l’attention sans objet ? La conscience doit s’appuyer sur quelque chose pour percevoir.

Quand on dit ni ceci, ni cela, ce qui est visé c’est la saisie du corps physique. Le corps et la conscience sont comparés à l’espace, sans notion de passé, de présent et de futur.

L’éveil est inconcevable, mais pas inaccessible, « si l’éveil existe, nous verrons alors l’or le plus pur ».

Table ronde

Dominique Bouvet, François Pellegrini, Sandy Hinzelin et lama Puntso
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Question du public : Comment faire pour cultiver la motivation ?

François Pellegrini : Le cerveau est un organe comme un autre, comme il faut s’entrainer pour faire de la course à pied, de même, pour cultiver l’attention il s’agit de s’entrainer à séquencer son attention, organiser son travail, diversifier les tâches pour ne pas s’épuiser. On ne fait pas deux marathons dans la même journée ! Se donner aussi des moments de plaisir, les micro-siestes sont aussi très utiles ! 

Dominique Bouvet : je partage complètement ce qui vient d’être dit, cela a à voir également avec la bienveillance envers soi : accepter ses erreurs, accueillir les périodes de doute – un apprentissage progressif n’est pas forcément linéaire – et bien sûr la méditation joue un rôle essentiel. Dans une équipe, il est important également de proposer des moments de convivialité, par exemple en Dordogne, j’avais organisé un tournois de baby foot pour tous les collaborateurs !

Lama Puntso : c’est une croyance d’imaginer que la motivation est en quantité limité, l’esprit est beaucoup plus vaste. La détente donne un espace intérieur.
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Comment fait-on avec un manager émotionnel ?

Dominique Bouvet : suivant le type de responsable que l’on a, c’est plus ou moins facile. Je n’ai pas de conseil particulier à donner, la piste qui me parait importante, c’est de revenir à l’écoute des besoins de l’autre. Cela rejoint la communication non violente, ou d’autres démarches intéressantes, mais pour cela il faut être clair sur sa motivation.

Parité relationnelle et en même temps assumer sa position hiérarchique, comment faire ?

Dominique Bouvet : cela repose la question de la vision que j’ai du management, il y aurait beaucoup de choses à dire, mais cela demanderait plus de temps. Peut-être est-ce l’occasion de dire que, parce que je suis responsable, j’ai aussi la possibilité de dire que c’est à un collaborateur de prendre la décision, parce qu’il a plus d’éléments pour la prendre.

François Pellegrini : interagir par courriel, parce que cela peut être un filtre et garder une trace écrite pour une plus grande objectivité. Et ne pas oublier qu’on a toujours la liberté de se préserver, et parfois de tourner les talons.

Des informations pour trouver des services d’accès éthiques ?

François Pellegrini : utilisez vos moteurs de recherche non éthiques pour chercher « moteur de recherche éthique » ! Ces communautés existent, il y a plein de services, plein d’activités éthiques possibles.

Y a-t-il une ouverture pour un dialogue interdisciplinaire entre bouddhisme et sciences ?

Sandy Hinzelin : oui, il y a l’ouverture, et pour le dialogue on n’en est pas encore tout à fait là ! Il y a des échanges malgré tout, et par nos échanges, il y a des choses qui se passent. Il est important de se rappeler que l’on peut aborder le bouddhisme par plusieurs entrées, la philosophie, l’histoire, les sciences, les pratiques, etc.

Quelques précisions à propos de cette phrase : mettre la vie professionnelle au service de la pratique bouddhiste ?

Dominique Bouvet : pendant les premières années de ma pratique, il y avait le bouddhisme d’un côté et la vie de l’autre. Petit à petit, j’ai expérimenté dans ma vie professionnelle des pratiques issues du bouddhisme, et je me suis rendu compte, aidé par d’autres, que cela devenait une méthode. Puis, au fil du temps, je me suis rendu compte que la vie professionnelle pouvait être au service du chemin. Je suis attentif au fait que ce que je vis dans ma vie professionnelle ait une influence positive pour moi et mes collaborateurs.

Comment bienveillance et performance peuvent cohabiter dans le sport ?

Dominique Bouvet : je ne connais pas bien le monde du sport, est-ce qu’on peut être à la fois dans la compétition et le respect de l’adversaire ? On peut sans doute revenir au sens, à la motivation, au besoin de gagner. Je peux m’entrainer à ce rappel.

François Pellegrini : la coopétition, c’est le fondamental de l’équipe, si on commence à s’entrainer ensemble et à partager nos trucs avec d’autres, on aura plus de chances ! L’autre est surtout un partenaire, pas forcément un ennemi.

Clôture du séminaire – lama Puntso

On arrive au terme de cette rencontre. J’avais parlé d’un défi ce matin, je pense que le défi est réussi, chacun part enrichi des différents apports. Je remercie tous les intervenants et tous les bénévoles qui ont assuré un accueil de qualité, ainsi que l’Université de Bordeaux qui est partenaire de ce séminaire.

Nous avons une première ! Le thème de l’année prochaine serait « les croyances » : on vit avec des gens qui pensent différemment, qui vivent différemment, et voyons comment vivre ensemble de façon fertile ! 

Retrouvez ici la présentation générale
et là le programme détaillé
du séminaire sur l’attention du 18 novembre 2017.

© Dhagpo-Bordeaux