Détail du programme – Séminaire 2018

9h30 – 10h00
La croyance aujourd’hui, quels enjeux ? – Michel Aguilar

De tous temps les hommes ont eu besoin de croire pour surmonter les énigmes de la nature et sublimer leur finitude. Les technologies contemporaines sont-elles en passe de prendre le contrôle de nos croyances ?

10h00 – 10h30
Les croyances en un libre arbitre – Louis Violeau

Nous faisons des choix chaque jour. Certaines de ces décisions sont déterminées par le contexte, tandis que d’autres sont considérées comme provenant de soi. Cette capacité à s’auto-déterminer, c’est à dire à faire des choix de façon consciente, volontaire et raisonnée, est souvent considérée comme une caractéristique fondamentale de l’espèce humaine. De ces choix volontaires découlent notre responsabilité. Cependant, de nombreuses études issues des neurosciences suggèrent que le libre-arbitre de la volonté est une illusion. Soit. Mais que se passe-t-il lorsque les individus sont menés à croire que le libre-arbitre n’existe pas ? Les études en psychologie sociale suggèrent que les croyances de libre-arbitre seraient essentielles à la vie en communauté : les réduire conduirait les individus à se sentir moins responsables de leur actions et donc à agir de façon impulsive, égoïste et antisociale.

Nous sommes donc devant un dilemme : devons-nous croire en un libre-arbitre tout en sachant qu’il s’agirait d’une illusion, ou bien devons-nous accepter qu’il s’agisse d’une illusion et nous comporter de façon irresponsable ?

11h00 – 11h30
Une Histoire des croyances – Bouba Nouhou

Croire c’est tenir pour certain l’existence de quelque chose ou de quelqu’un en le nommant et en lui conférant un contenu. Dès les premières heures de la croyance, les sociétés ont instaurés des rites d’initiations pour établir la sphère d’influence des différentes autorités (invisibles ou visibles). Bien que les croyances aient évoluée leurs mécanismes continuent d’échapper à la raison. Les croyances ont fait de l’être humain un être parlant, un foyer de culture (et) ou de violence. Qu’elles interrogent sur des questions existentielles, sur des phénomènes naturels et mystérieux ou sur les sources du mal et de la souffrance les croyances sont liées au psychique, elles réconfortent et soulagent de l’angoisse dans un monde de plus en plus globalisé.

14h00 – 14h30
Croyance et fausses informations – Olivier Le Deuff

Cette conférence vise à montrer les ressorts de la pensée conspirationniste et sa complexité en s’appuyant notamment sur les travaux d’Umberto Eco et la recherche en sciences de l’information et de la communication ainsi qu’en sciences de l’éducation (plus particulièrement en didactique de l’information).

Le but est de comprendre que les conspirationnistes s’appuient sur des compétences informationnelles qui visent à douter de l’information officielle pour croire en une logique supérieure qui permet d’agence les faits dans une suite logique imparable. La piste de la formation à l’évaluation de l’information apparaît ici plus opportune afin de pouvoir se repérer et effectuer des choix sans avoir besoin de directeur de conscience.
Nous montrons les compétences informationnelles requises ainsi que les éléments essentiels que devraient composer cette formation.

14h30 – 15h00
La place des croyances dans les processus décisionnels – Daniel Fages

Comment, avec la conscience de notre distorsion de perception et de nos automatismes de pensée, nos décisions pourraient être encore plus efficaces ? Avec trois exemples de la vie en entreprise, nous voyons comment des erreurs cognitives dévastatrices peuvent amener des décisions absurdes. Et comment les contourner ?

15h30 – 16h00
Jusqu’où sommes-nous libre de nos croyances ? – lama Puntso

L’approche bouddhique est appelée la voie du milieu, libre des extrêmes. Dans notre contexte, nous pourrions traduire extrêmes par croyances. En effet, tout au long de son enseignement, le Bouddha a questionné la réalité et la manière dont nous la percevons. Afin d’éviter tout dogmatisme, les outils utilisés pour discerner le réel combinent l’approche logique des raisonnements avec un répertoire de pratiques contemplatives. Intégrant la subjectivité humaine sans se laisser piéger par les apparences, le bouddhisme évite l’écueil de la foi aveugle. Le Bouddha a d’ailleurs demandé d’appliquer cette approche critique à son propre enseignement : « Ne croyez rien de ce que je dis par simple respect pour moi, mais éprouvez-le et analysez-le par vous-mêmes. » Dans cette perspective, jusqu’où pouvons nous nous affranchir des croyances ?