Lama Puntso

lama Puntso

Né à Bruxelles le 23 janvier 1961, est enseignant et moine bouddhiste. Responsable du centre Dhagpo Bordeaux (Aquitaine) et des programmes de Dhagpo Kagyu Ling (Dordogne), centre d’étude et de méditation bouddhiste. Outre l’enseignement traditionnel, Il anime depuis 20 ans l’Atelier des savoirs un espace de rencontres interdisciplinaires dans lequel sont explorées les problématiques d’aujourd’hui à la lumière du bouddhisme.

Ressources

– La fragilité faiblesse ou richesse ? Albin Michel, 2009
– Préface du livre La présence, un savoir-être à cultiver, Anila Trinlé, Rabsel éditions

– Revue de la société de Thanatologie janvier 2015 : Le bouddhisme et la mort
– Regard Bouddhiste N° 6 – La vie professionnelle : une éthique au quotidien
– Regard Bouddhiste N° 8 – Vivre libre, les stages pour adolescents

– Le bouddhisme comme voie de transformation de la subjectivité ?
Paris novembre 2015 – Voir
– Pensée et sacré philoctètes France Paris mars 2009
– Cycle de conférences à Bordeaux (dans le cadre de Dhagpo Bordeaux) de 2009 à 2016 – Voir

– L’estime de soi avril 2014 – Voir
– La culpabilité novembre 2014 – Voir

A l’âge de 21 ans, décidé à intégrer une dimension spirituelle à sa vie, il renonce à ses études de linguistique pour partir à la rencontre d’un maitre spirituel bouddhiste au cœur de la Dordogne. Il arrive à Dhagpo Kagyu Ling, centre d’étude et de méditation bouddhiste, où il suit les enseignements de Gendun Rinpoché, maître de méditation.
Rapidement il intègre la communauté, devient moine, et se prépare à la traditionnelle retraite de trois ans. Durant quatre années, il étudie et intègre les pratiques méditatives, il commence à voyager dans les centres urbains reliés à Dhagpo pour enseigner et participe à l’accueil du public à Dhagpo.
Ensuite il accomplit deux retraites traditionnelles de trois ans sous la guidance de Guendun Rinpoché, retraites durant lesquelles il s’investit à plein temps dans l’étude et la méditation.
A sa sortie de retraite il a 33 ans et s’installe à Dhagpo Kagyu Ling où il soutient l’activité de Jigmé Rinpoché, directeur spirituel du centre. Au fil du temps il devient responsable du programme des enseignements.
Outre son activité d’enseignement en France et en Europe (Angleterre, Espagne, Italie, Belgique, Allemagne) il anime l’Atelier des savoirs, un espace de rencontres et de réflexions interdisciplinaires dont le but est de décrypter et comprendre les problématiques propres au monde contemporain à la lumière du bouddhisme.
Dans ce cadre, il explore de multiples thèmes tels que l’accompagnement, le management, l’éducation, les technologies émergentes et collabore avec de nombreux acteurs de la société civiles tels que Christophe Fauré. Ces réflexions donnent naissances à des séminaires interdisciplinaires organisés à Dhagpo Kagyu Ling et des conférences et interventions dans différents cadres (voir bibliographie)

Tout en gardant son activité en Dordogne, à la demande de Jigmé Rinpoché, il s’investit en 2008 dans la création et le développement de Dhagpo Bordeaux, un centre d’étude et de méditation urbain. Il explore à travers l’activité de ce centre l’interaction entre le bouddhisme et la cité.

De 2010 à 2016, il rend ses vœux de moine et crée une entreprise de formation appelée Libres Sources afin d’intégrer concrètement le fruit de ses réflexions au monde professionnel. Il mène également un groupe de réflexion pragmatique, « dharmanagement », la rencontre de l’enseignement du Bouddha et du management, rassemblant des cadres et des responsables de la vie professionnelle.

Aujourd’hui redevenu moine « afin de pouvoir s’investir à plein temps dans l’étude, la réflexion et la mise en pratique des enseignements du Bouddha », il continue de déployer son activité principalement à Dhagpo Kagyu Ling et à Dhagpo Bordeaux.

Évoquant le bouddhisme, une question se pose : s’agit-il d’une religion, d’une spiritualité ou d’une philosophie ? Bien que son organisation réponde aux critères qui définissent les religions, le bouddhisme constitue essentiellement une voie spirituelle sans dieu et non dogmatique. Il est parfois défini comme une « science de l’intérieur » dans le sens d’un chemin de compréhension et de transformation de l’individu. Le bouddhisme est né avec le Bouddha en Inde, il y a 2600 ans. L’objet de la démarche bouddhiste est de se libérer des fonctionnements qui génèrent la souffrance à un niveau relatif et ultimement de percevoir la réalité telle qu’elle est.
Lama Puntso présente cette voie spirituelle à partir des trois dimensions traditionnelles, appelées également les trois entraînements : l’éthique, la méditation et le discernement.
– L’éthique permet d’organiser la vie tant individuelle que collective ; elle est fondée sur le respect de soi et la considération pour les autres.
– La méditation rassemble un ensemble de disciplines qui permettent de pacifier l’esprit. Elle ouvre à un autre mode de connaissance, actualisation du potentiel présent en chacun.
– Le discernement consiste en un ensemble de réflexions et d’analyses de la réalité ; fondé sur des raisonnements qui se déploient en différents systèmes philosophiques, il permet la compréhension du monde et des êtres.
Par le respect de ses engagements monastiques, il s’entraine à refléter l’éthique bouddhique. Pratiquant la méditation, il est à l’origine des sessions de méditation quotidiennes guidées à Dhagpo Bordeaux. Quand au discernement, il le cultive lors de ses nombreux enseignements et conférences.
Plus que comme un enseignant, il se présente comme un disciple : « C’est grâce à ce que j’ai reçu de mes amis spirituels que je peux accomplir ce que je fais aujourd’hui. » D’ailleurs, tout enseignant qu’il est, il continue à se former en recevant les enseignements d’érudits et d’accomplis des différentes traditions du bouddhisme tibétain.

C’est par le croisement des visions et des compétences que nous pouvons mieux décrypter le monde d’aujourd’hui et ses évolutions. La pratique de l’interdisciplinarité suppose un dialogue et des échanges de connaissance et d’analyses entre plusieurs disciplines. Dans ce contexte, lama Puntso partage ce que le bouddhisme peut apporter aux débats : une présence apaisée fondée sur la bienveillance et le discernement qui questionne le monde d’aujourd’hui. Il souhaite rassembler les conditions d’une autonomie de réflexion afin de permettre à chacun de comprendre les enjeux de notre société qui ne sont pas nécessairement visibles à priori.

Lama Puntso a co-organisé et animé des séminaires interdisciplinaires :
Ethique et fin de vie (Dhagpo Bordeaux – 2013)
Quand les générations se rencontrent – Ecouter pour se comprendre (Dhagpo Kagyu Ling – 2015 et 2017)
Technologies, éthique et cognition (Dhagpo Bordeaux – 2016)
Ces rencontres interdisciplinaires ont permis le dialogue entre des médecins, des éducateurs, des universitaires et des enseignants bouddhistes.

Le dialogue interconvictionnel consiste en la rencontre et la confrontation entre personnes de convictions différentes se réclamant de traditions religieuses ainsi que d’autres formes d’engagement personnel non confessionnels. Il ne s’agit pas d’échanger pour le principe ou sur des principes uniquement, mais de questionner notre présence et nos engagements dans le monde. « Chacun continue évidemment de suivre sa propre voie, mais le dialogue réussi devient puissant facteur de paix et d’harmonie qui étend ses effets bien au-delà du cercle des pratiquants directement concernés. ». Autrement dit, de tels dialogues entendent participer à la cohésion sociale.
La démarche consiste à sortir du principe de non contradiction : s’il y en a un qui a raison, les autres ont donc tort ! D’ailleurs, il ne s’agit pas ici d’avoir tort ou raison, mais d’éprouver le vivre ensemble dans la multiplicité de nos cultures, de nos engagements, de nos valeurs, bref de nos convictions au cœur de la laïcité. C’est une affaire d’estime mutuelle.
Lama Puntso a organisé et participé à plusieurs rencontres entre Jigmé Rinpoché, directeur spirituel de Dhagpo Kagyu Ling (Dordogne) et Monseigneur Legall, Archevêque de Toulouse, dont la dernière a eu lieu en 2015.
Cf. Le moine et le lama, Dom Robert Le Gall, Lama Jigmé Rinpoché. Entretiens avec Frédéric Lenoir. Editions Fayard, 2001.

Dharmanagement (de Dharma: enseignement du Bouddha en sanscrit et management) est un groupe de réflexion co-animé par lama Puntso qui rassemble des cadres et des responsables en entreprises et qui réfléchissent à leur activité professionnelle à la lumière du bouddhisme. La démarche se résume ainsi: « L’activité professionnelle prend une place importante dans nos vie, aussi vaut-elle la peine d’être réfléchie et revisitée. Les femmes et les hommes, qui assument leurs missions, manquent de plus en plus souvent de repères sur le sens de leur activité et la motivation de leur démarche, ce qui génère souffrance et mal être. Néanmoins, les objectifs de performances ne peuvent être négligés. Cela nous amène à nous interroger sur une autre façon de vivre le management.
Notre question est directe : la bienveillance peut-elle trouver sa place dans le management d’une équipe, pour les autres et pour soi ? Et si oui, sous quelles formes peut-elle se déployer ? »
Une dynamique collaborative anime le groupe pour co-construire une approche managériale fondée sur la bienveillance ancrée dans le quotidien.

« Accompagner ne relève pas seulement d’un savoir-faire, c’est avant tout un savoir-être et ce savoir-être se cultive. Lorsque nous parlons d’être présent à une personne en souffrance, il s’agit en fait d’être conscient de ce que nous vivons à l’instant même de la présence, de développer la conscience de ce que vit l’autre, tout en étant présent à l’environnement, aussi bien structurel que relationnel de la personne accompagnée. » (La présence, Anila Trinlé, Rabsel éditions)
En collaboration avec Anilé Trinlé, moniale bouddhiste, accompagnante et formatrice de bénévoles d’accompagnement, lama Puntso mène réflexion et activité dans le domaine de l’accompagnement du deuil et de la fin de vie. Dans les années 90, il crée une association d’accompagnement « Semdrel » qui vivra pendant 15 ans et accompagnera les malades à l’hôpital de Sarlat ainsi que des personnes à domicile.
Animant de nombreux stages sur le thème du deuil, de la fin de vie et de l’accompagnement, il préface également l’essai d’anila Trinlé édité chez Rabsel Editions : La présence, un savoir être à cultiver.