Les conditions de la pratique spirituelle

Dongsung Shabdrung Rinpoché

Traduit par Julie Walther et corrigé par le comité de traduction de Dhagpo Bordeaux

Première d’une série de trois conférences publiques données par Shabdrung Rinpoché à Bordeaux en Novembre 2017

Notes préliminaires :
– Comme l’indique Shabdrung Rinpoché dans sa conférence, il s’adresse à des pratiquants bouddhistes qui sont déjà engagés sur la voie. Il est important de garder cela à l’esprit pour bien comprendre le sens de cet enseignement.

– Nous avons préservé le style oral de l’enseignement pour en garder l’aspect direct et vivant.

Quelles conditions faut-il rassembler pour avoir une pratique spirituelle fructueuse ?

Un grand nombre de choses bénéfiques peuvent être utilisées pour notre pratique spirituelle. En même temps, pour être un bon pratiquant, il n’en faut pas tant que cela finalement. Parfois, nous aurions tendance à nous dire que pour avoir une bonne pratique, il nous faut rassembler beaucoup de conditions. Quand on lit les enseignements, on y trouve énormément de méthodes proposées. Il est alors possible de se sentir submergé,  et de ne plus savoir quoi faire  pour pratiquer correctement le dharma. Dans les soutras, le Bouddha a enseigné que pour être un pratiquant, il s’agit simplement d’utiliser les enseignements dans l’action. De manière générale, on peut dire que la condition nécessaire à un pratiquant, c’est tout d’abord de cultiver une confiance stable. On peut également parler de foi ou de dévotion (termes que l’on trouve dans de nombreux textes).

Confiance, foi et dévotion

Dans le bouddhisme, l’idée n’est pas de développer foi ou dévotion envers un être supérieur qui aurait créé le monde comme un Dieu par exemple. Un pratiquant bouddhiste développe la foi ou la dévotion envers les  trois Joyaux : le Bouddha, le dharma (son enseignement), et le sangha (la communauté des guides spirituels). C’est cela qui constitue la base de la pratique spirituelle.

Comment acquérir cette foi en le Bouddha ? Se dire simplement : « Je suis bouddhiste donc je dois avoir foi dans le Bouddha » est loin d’être suffisant. Cela ne permettra pas de développer une confiance authentique et stable. Pour acquérir une telle foi, il nous faut écouter, étudier et réfléchir à son enseignement.  Posons-nous des questions : est-ce que cet enseignement me parle ? Est-ce qu’il me parait correspondre à la réalité ? Si, par l’écoute, la réflexion et la méditation, nous concluons à la véracité de l’enseignement, nous pouvons alors développer naturellement une foi stable dans le Bouddha et dans sa parole.

De manière générale, quand nous sommes en relation avec une personne, afin de  déterminer si nous pouvons avoir ou non confiance en elle, nous l’observons, nous analysons attentivement ses propos, sans nous arrêter uniquement à son apparence, aussi belle soit-elle. La confiance se déploie alors naturellement quand nous sommes convaincus de l’authenticité de ses actes et de ses paroles. Pour le Bouddha, nous allons faire de même.

Si nous nous contentons de regarder une représentation du Bouddha, il ne va pas se passer grand-chose. Certaines personnes trouvent que le Bouddha a une belle forme, que la couleur dorée de la statue est très inspirante et développent une confiance basée sur la fascination. D’autres, au contraire, trouvent que ses cheveux sont bizarrement agencés, cette étrangeté les amène à une forme de méfiance. Ceci nous montre qu’il ne faut en rien s’arrêter aux apparences, mais au contraire chercher plus loin afin d’installer une foi stable.

Quand nous nous demandons ce qu’il faut rassembler pour être un juste pratiquant, pour pratiquer le dharma de manière fructueuse, la réponse principale est la confiance et la foi. Si nous avons une foi stable en le Bouddha et ses enseignements, alors tout le reste, toutes les autres conditions dont nous avons besoin, émergent sur cette base-là.  La foi et la dévotion sont les deux qualités à développer, puisqu’elles sont la base des autres qualités qui vont émerger par la suite.

Pour pratiquer le dharma de manière fructueuse, la réponse principale est la confiance et la foi.

Du karma au dharma

Si nous développons une foi dans le dharma, l’enseignement du Bouddha, dont un des éléments importants est le karma (la loi des causes et des effets), la foi pour les deux autres Joyaux, le Bouddha et le sangha émerge naturellement.

Puisque l’ensemble du dharma est basé sur la notion du karma, si nous arrivons à développer une foi stable dans ce processus des causes et des effets, nous aurons forcément foi dans l’ensemble de l’enseignement du Bouddha. Et si on développe une foi stable dans le dharma, on développe une foi stable dans l’enseignant, le Bouddha.

Mais il convient d’être véritablement attentif à ce à quoi nous croyons. Avons-nous vraiment compris ce qu’est le karma ? Y croyons-nous complètement ? Ce n’est pas si évident de développer cette compréhension et cette confiance.

En quoi consiste son fonctionnement ? Si nous agissons de manière positive, alors nous obtenons un fruit positif. Et inversement, si nous agissons négativement nous obtenons un fruit négatif. La loi des causes et des effets est sans faille, aucune erreur ne peut s’y glisser. C’est pourquoi il est important de bien en comprendre la mécanique. Une bonne compréhension associée à une confiance stable en ce fonctionnement-là ne peut que porter ses fruits.

Il se peut cependant qu’après une observation minutieuse, nous constations que nous ne sommes pas aussi convaincus que nous le pensions. Par exemple, lorsque nous apportons notre aide à une personne en difficulté, nous doutons ensuite du bienfait de notre action. Ceci est la preuve même que nous n’avons pas intégré l’enseignement du fonctionnement du karma, que nous n’en avons pas acquis une confiance inébranlable.

Si notre compréhension est assurée et notre foi stable, nous agirons de manière positive, sans hésiter. Nous saurons que le fruit de notre action sera inévitablement  positif.

Cette compréhension est fondamentale ! Essayer de développer la compassion, l’esprit d’éveil, et de comprendre la vacuité, sans avoir compris et sans avoir une confiance stable, inébranlable en la loi du karma, c’est comme essayer de construire une maison dans le ciel !

De même qu’il faut une fondation à une maison avant d’ériger les murs et de poser le toit, il faut une foi stable en le dharma et une bonne compréhension du karma pour avancer sur le chemin et développer les qualités.

Dès lors que nous avons développé une foi et une dévotion stables dans le karma, dans le fonctionnement des causes et des effets, ainsi que dans le dharma de manière plus vaste, dès lors que cette fondation-là est établie, toutes les qualités peuvent murir. C’est même une certitude que les qualités se déploient sur cette base. Elles émergent d’elles-mêmes, de manière naturelle. Nous ne sommes plus obligés de nous dire : « Il faut que j’agisse de manière positive, il faut que j’agisse de manière vertueuse ». En effet, ayant compris le processus de la réalité, nous agissons naturellement de façon vertueuse.

Pour résumer, nous pouvons rassembler un grand nombre de conditions, de méthodes pour avoir une pratique fructueuse, mais, pour être vraiment efficace, il nous faut cultiver cette foi stable, inébranlable dans le fonctionnement des causes et des effets et dans le dharma.

Cette fondation acquise, nous pouvons monter les étages de notre maison petit à petit. Ce qu’il nous faut ensuite mettre en œuvre, et qui va finalement se mettre en place naturellement sur la base de la compréhension et de la confiance en le karma, c’est le fait d’abandonner les actes négatifs. Ou dit autrement, ne pas s’engager dans des actions qui seraient non vertueuses.

Du karma à la réincarnation

Ce qui va de pair avec la réalité du karma, c’est bien sûr la notion de réincarnation. En tant que pratiquant bouddhiste, il nous faut développer également une grande confiance en la réincarnation.Nous pouvons envisager de cultiver la foi en la loi du karma. Par contre, développer la foi en la réincarnation est déjà un petit peu plus compliqué pour nous. C’est une notion qui demande à être étudiée pour arriver à en être convaincu; d’ailleurs, beaucoup de textes bouddhistes y font référence.

En fait, c’est peut-être la première des choses à faire quand nous débutons dans l’étude du bouddhisme, de voir comment cette question de la réincarnation nous parle. En effet, si nous n’adhérons pas à la réincarnation, il nous sera difficile de développer, notamment, la compréhension et la réalisation de la vacuité.

Donc, pour résumer, nous développons d’abord confiance et conviction dans la loi du karma, mais si celle-ci n’est pas associée à la compréhension de la réincarnation, il n’y aura pas vraiment de fruit.

En effet, si nous ne sommes pas convaincus que nous avons plusieurs vies, nous ne pratiquerons que pour cette vie-ci. Dès lors, notre pratique sera extrêmement limitée, elle ne donnera pas pleinement les fruits qu’elle pourrait donner. Si notre vision était plus large, si elle embrassait plusieurs vies, les résultats de la pratique seraient bien plus vastes.

Ces conseils-là sont destinés aux pratiquants bouddhistes bien sûr. Si nous souhaitons  pratiquer le dharma et si nous voulons comprendre profondément ce qu’a enseigné le Bouddha et le réaliser, alors c’est là une condition sine qua non.

Pourquoi, en tant que  bouddhiste, a-t-on besoin de cette conviction, de cette foi en la loi du karma et la réincarnation ? Parce que, même si nous ne croyons pas aux prochaines vies, nous pouvons malgré tout agir de manière positive dans cette vie et abandonner le négatif. Mais nous ne percevons pas forcément de résultats dans l’immédiat. Ou alors, parfois oui et, parfois nous ne le percevons pas. Nous pouvons alors nous dire : « Mais les résultats ne viennent pas ! Pratiquer la vertu, s’engager dans le positif, ça ne sert à rien, puisque je ne récolte pas de fruits. J’ai très peu de fruits par rapport à ce que je fais ! Puisqu’il n’y a pas de bienfait, j’arrête ! » Par contre, sur base d’une compréhension que les actions posées dans cette vie ne murissent pas forcément immédiatement, mais peut-être dans la vie suivante, voire dans les vies d’après, cela change tout quant à notre relation à notre pratique spirituelle. Comprendre et développer la conviction en la réincarnation liée au karma est donc essentiel.

Si, par l’étude et la réflexion, nous sommes convaincus de l’existence de la réincarnation, alors nous comprendrons la loi des causes et des effets. Et de ce fait, naturellement mettrons en œuvre l’enseignement. Cela s’accomplit naturellement. Pourquoi ? Car nous nous rendrons compte qu’à la fin de cette existence, tous nos amis, notre famille, toutes nos richesses, tout ce que nous avons accumulé pendant cette vie-ci, au moment de mourir, nous ne pourrons en faire grand-chose. Cette prise de conscience nous permet de comprendre ce qui se passera ensuite. Et c’est pour ce qui se passera à l’avenir que nous agissons dans cette vie. Nous devenons naturellement vigilants aux actions posées dans cette vie-ci, sachant que les fruits de ces actions murissent dans la prochaine vie ou dans les prochaines vies. La conviction en la réincarnation déclenche naturellement la mise en pratique du chemin.

Être convaincu de la notion de réincarnation nous permet d’élargir notre vision et d’être conscients que les actions posées dans cette vie portent leurs fruits dans une prochaine vie. Un autre effet est également de relâcher un peu l’attachement que nous portons à cette vie-ci. Il est dit dans plusieurs textes qu’un pratiquant du dharma n’est pas un réel pratiquant s’il est attaché à cette vie. Comme cette existence-ci est beaucoup plus concrète que la prochaine, nous avons tendance à nous y accrocher. Savoir qu’une nouvelle vie vient ensuite nous permet de relâcher quelque peu cet attachement.

Si nous ne sommes pas convaincus que nous obtiendrons un fruit, un résultat par rapport aux actions posées, si nous avons l’impression que nos actes n’ont aucune portée, bien sûr que nous ne serons pas enclins à agir de manière juste. Le point de départ du chemin est de développer notre conviction en la réincarnation et par voie de conséquence en la loi du karma. C’est à partir de cette conviction-là que la pratique peut se mettre en route naturellement. Ce que nous accomplissons dans cette vie ne s’arrêtera pas à cette vie-ci, cela va avoir des conséquences pour la vie d’après et pour celles d’après encore, etc. Alors forcément, nous allons nous mettre au travail naturellement. Je vous renvoie donc à l’analogie développée plus haut : si nous cherchons à construire une maison ou à conduire une voiture dans le ciel, ça ne fonctionnera pas. Il nous faut une fondation, une base pour développer le reste de notre pratique et ensuite rajouter des méthodes, d’autres notions qui vont venir s’y greffer. On peut également prendre la métaphore de l’avion : bien qu’évoluant dans les airs, celui-ci a besoin du sol pour décoller.

Si nous cherchons à construire une maison dans le ciel, ça ne fonctionnera pas.
Il nous faut une fondation.

Distraction et discipline

Une fois que l’on a acquis la base, on peut avancer sur le chemin, mais de nombreux obstacles peuvent alors se présenter. L’un d’entre eux est la distraction. En effet, nous sommes aujourd’hui soumis à quantité de distractions. Pour ne pas se laisser embarquer par celles-ci, il nous faut un minimum nous discipliner, établir certaines règles pour nous-mêmes. En effet, suivre des règles édictées par autrui, cela ne marche pas. Pourquoi se discipliner ? Parce que notre esprit est dépendant des distractions. Il les apprécie et va donc avoir tendance à suivre toutes celles qui lui sont proposées. Si nous souhaitons que notre esprit se tourne vers le dharma, vers le chemin, alors, il nous faut le discipliner, le protéger de la distraction.

Dépendant des distractions, notre esprit l’est également des émotions qui le perturbent. Il apprécie cette forme d’agitation. Il en est tellement dépendant, il y est tellement habitué, que le faire changer de fonctionnement n’est pas très facile. Aussi, pour l’aider à se focaliser, pour le protéger des distractions, de toutes ces émotions, il nous faut nous discipliner. C’est le même fonctionnement que pour les personnes dépendantes de drogues par exemple. Ainsi, si nous souhaitons arrêter de fumer, il s’agit de se discipliner, se fixer des règles. Le sevrage ne se fera pas tout seul.

Discipline se dit tsultrim en tibétain ; il est composé de deux termes. Le premier, tsul signifie « manière de penser », le deuxième, trim a le sens de « règle ». La discipline, c’est donc certaines règles qui vont orienter notre esprit, notre manière de penser.

Ne pas nuire est l’état d’esprit le plus important à développer en tant que bouddhiste. C’est la première règle que l’on va établir de nous-mêmes, envers nous-mêmes et pour nous-mêmes : nous nous promettons de ne pas nuire à autrui.

Pour « devenir bouddhiste », il y a ce que l’on appelle la cérémonie de refuge, par laquelle nous nous engageons de manière officielle sur le chemin bouddhiste. Certaines promesses sont alors contractées, ce qui s’appelle prendre les vœux de refuge. Prenant refuge dans le dharma, nous promettons d’arrêter de nuire à autrui puisque le dharma est en essence la non-violence.

Dans beaucoup d’enseignements, il est dit que si l’on veut obtenir un fruit positif, si l’on veut obtenir le bonheur, que ce soit dans cette vie-ci, dans la ou les vies futures, il faut forcément planter une graine positive, agir de manière positive et cesser d’agir de manière négative. C’est simple, si l’on veut un fruit positif, il nous faut une cause, une graine positive. Il nous faut donc abandonner les causes négatives, les actions négatives qui créent du négatif, et c’est en cela que consiste la discipline. Ceci est valable que l’on soit un pratiquant bouddhiste ou non.

Si l’on veut être un pratiquant authentique, il est important de réunir ces deux conditions : développer une foi ou une conviction inébranlable en la loi du karma (le fonctionnement des causes et des effets), et se discipliner.

Notre esprit est dépendant des distractions

 

Se discipliner, c’est abandonner les actions non vertueuses qui sont au nombre de dix. Bien sûr, il y en a bien davantage, mais avec ces dix actions non vertueuses là, nous avons déjà pas mal de choses à abandonner.

Il convient de discipliner d’abord son esprit, car si l’on essaye de discipliner son corps et sa parole sans discipliner l’esprit, cela ne fonctionne pas. L’esprit est en effet le maître à bord. Nous allons faire en sorte que notre esprit s’engage le moins possible dans la non-vertu, dans ce qui est négatif. Ainsi, naturellement, notre corps et notre parole s’engageront forcément de moins en moins dans la non-vertu.

Observons le monde d’aujourd’hui. Malgré un grand nombre de règles, de lois qui ont été établies dans tous les pays, il est intéressant d’observer qu’elles n’empêchent pas les négativités comme les guerres et les conflits. Comme ces règles ne concernent que le corps ou la parole, elles ne peuvent être vraiment efficaces.

Ces deux conditions (la loi du karma et la discipline) qui font le véritable pratiquant sont des conditions communes à toutes les traditions bouddhistes, le véhicule fondamental, le grand véhicule ou le véhicule des tantras.

Il est également important que notre pratique ne soit pas entachée de ce que l’on appelle les dharmas mondains comme cela a été enseigné notamment par Nagarjuna dans son ouvrage « La lettre à un ami ». Sans une compréhension stable du dharma et du karma, toute notre pratique sera contaminée par les huit dharmas mondains.

Une histoire illustre cela. Un jour, un moine apprend qu’il va recevoir la visite de son bienfaiteur. Il décide de se lever tôt, de nettoyer sa chambre, son autel, de disposer de belles offrandes sur celui-ci. Cela accompli, il se pose sur son coussin et commence à pratiquer. C’est alors qu’il se demande : « pourquoi me suis-je levé plus tôt que d’habitude, pourquoi ai-je mis tant de zèle à tout nettoyer alors que je ne le fais pas habituellement ? Pourquoi ? En fait uniquement pour la venue de mon bienfaiteur. » Ainsi, il a pris conscience que sa motivation n’était pas juste. Il est alors allé chercher de la terre et l’a répandue dans la chambre et sur son autel.

La morale de cette petite histoire est que si l’on ne développe pas une compréhension et une conviction stables en la réincarnation, si les actions posées dans cette vie ne sont pas réalisées dans le but d’obtenir de meilleures conditions dans les vies prochaines, toutes nos actions seront comme celles de ce moine tourné vers le désir de plaire, d’acquérir de la gloire ou des richesses. C’est ce que l’on appelle les dharmas mondains.

Donc, si la motivation et la vision ne sont pas justes, notre pratique ne servira à rien.

La réincarnation et le karma sont mentionnés dans beaucoup de textes, de biographies, d’hagiographies des grands maîtres. Ceux-ci insistent sur le fait que sans cette base on ne peut être un pratiquant du dharma.

Bien sûr, nous pourrions énoncer beaucoup d’autres conditions et qualités à rassembler pour pratiquer, mais ces deux-là suffisent à faire grandir et murir toutes les autres.

Pour être encore plus simple, on peut réduire les deux qualités à une seule : la foi en la loi du karma.

 

Question / Réponse

Q – Vous avez dit qu’il est important de bien comprendre la notion de réincarnation. Mais qu’est-ce qui me prouve qu’il y a effectivement quelque chose au-delà de la mort. Qu’est-ce qui survit ? Et quelle est l’utilité de cultiver la discipline de l’esprit, s’il ne survit pas ?

Rinpoché : Il est effectivement difficile de prouver la réincarnation, parce que cela ne correspond pas à notre manière d’envisager les choses. Les explications et les preuves données dans certains textes bouddhistes par exemple dans Tséma – la logique – ne vont pas dans le sens habituel de notre pensée et c’est ce qui nous fait douter. Vous disiez ensuite que si l’esprit ne continue pas, quel est donc l’intérêt de pratiquer la discipline ? Pour les bouddhistes, l’esprit continue. Ce qui fait que nous n’y croyons pas vraiment, c’est que nous avons du mal à considérer l’existence de l’esprit en dehors du corps, car on ne croit que ce que l’on voit. Or l’esprit, on ne le voit pas. Il convient donc de considérer d’abord comment l’esprit existe pour ensuite admettre qu’il continue, prouvant ainsi la réincarnation. La réincarnation n’est donc pas difficile à prouver, mais il est difficile de nous la prouver, parce que nous ne croyons que ce qui passe par nos sens.